On a acheté notre première maison!

Voilà, c’est fait, nous sommes enfin propriétaires…
d’une tente-roulotte!

Nous aurons habité Tewkesbury (au nord de la ville de Québec) pendant près de 3 ans, le temps d’offrir à Louis-Joseph un milieu de vie à la hauteur de ses curiosités et de mettre au monde ma fille… de les voir grandir un peu.

Une fois l’épuisement des grossesses passé, des accouchements et des premières années de vie de nos enfants, le goût du voyage m’a repris.

Nous n’avons jamais été aussi bien qu’ici, à Tewkesbury : les gens, l’air, la nature. Je me suis impliquée en folle pour offrir mes forces et mon énergie au bénéfice de la communauté… j’allaitais d’un sein, pendant que je rédigeais d’une main et que, de mon imaginaire naissait une télésérie. Je n’ai pas chômé! Et j’ai franchi de grandes étapes. Mais là, j’ai décidé qu’il était temps que je prenne soin de moi, POUR DE VRAI! Que je vive ma vie. Que ça allait être le plus beau cadeau que je pouvais offrir à mes enfants – vous verrez pourquoi tantôt. Mais d’abord, laissez-moi un peu vous écrire sur notre histoire.

Notre première aventure de 14 mois en 2010-2011 avait pour mission de créer un documentaire sur le bonheur. Nous avons travaillé très fort sur ce projet, mais tout s’est arrêté en catastrophe à la suite d’un cambriolage en Uruguay. Tout au long du périple, je m’imposais le poids de tous ces gens qui nous avaient soutenus afin de nous permettre de partir en tournages dans les Amériques. Je me sentais redevable. Stéphane et moi nous permettions que très peu de repos, et lorsque cela arrivait on se sentait à ce point coupable qu’on se relançait dans le travail sans même avoir repris notre souffle.

Mais ce qui est fait est fait, et ça a l’air qu’on a le droit d’apprendre de nos expériences! Je me suis donc promis que si j’avais un jour à reprendre la route du monde, je partirais légère, je partirais sans rien devoir à personne, que je partirais en me permettant de vivre l’instant présent, libre.

Donc, en juin prochain nous quitterons Tewkesbury pour une nouvelle grande aventure. Nous partirons en famille, sur les routes des Amériques, pour un temps indéterminé.

L’objectif : vivre… tout simplement. Rencontrer, découvrir, observer, aimer, respirer, rêver, se regarder grandir…. et créer si le cœur nous en dit.

Avant que mes enfants ne viennent au monde, et même après, des mamans m’ont souvent répété : « profites-en, ça passe vite ». J’ai décidé d’écouter ces conseils de femmes qui ont vécu avant moi. Mais je n’ai jamais trouvé cela facile, même si je prenais le temps de m’arrêter à chaque fois que j’avais Louis-Joseph au sein, de refusionner avec lui; même si je prenais le temps, toutes les nuits, de blottir ma fille dans mes bras. Mais les obligations financières, les obligations ménagères, les obligations de travailler, d’écrire un mémoire, de m’impliquer dans la communauté, les obligations d’entretenir la maison qu’on louait, les obligations que j’avais à toujours m’adapter à un environnement pas conçu pour mon handicap, les obligations POINT ne faisaient que m’éloigner du temps que je pouvais réellement passer avec mes enfants, et ça me rendait folle. Alors me libérer de toutes ces obligations me semblait être l’une des solutions pour intégrer ces conseils de mamans expérimentées. Malgré toutes mes prises de conscience, mon syndrome de mère Thérésa m’éloignait toujours de ce que je souhaitais vraiment pour moi et pour ma famille : m’arrêter et prendre le temps. J’étais terrorisée à l’idée de passer à côté des moments magiques de l’enfance parce que, même si je suis entière dans les moments que je passe avec eux, pour moi ce n’était pas assez. Le temps nous semble être une éternité lorsqu’on est petit… il n’a pas la même valeur que pour nous, adultes préoccupés… pour eux, chaque seconde en compte 10 et un été est toute une vie.

Bien que, pour plusieurs, il semble que nous soyons déjà le modèle d’une famille qui se donne le temps d’être disponible, parce que papa est à la maison et que moi je travaille à domicile, ce n’était pas encore à la hauteur de mes volontés.

Partir est, dans ce cas-ci, aussi une manière de me protéger de moi-même, de me donner l’environnement pour m’obliger à changer mes habitudes et mes réflexes. J’ai toujours eu tendance à préférer construire les maisons des autres plutôt que la mienne, à dilapider mon temps de famille à des projets qui n’étaient pas les miens. Comme bien d’autres femmes de ce monde, je trouvais plus valorisant de me saigner pour le bien-être des autres.

Mais là, le fait d’être mère m’a ouvert les yeux sur l’impératif d’être le témoignage de la femme que je suis, celle qui se réalise dans ses rêves, qui s’approprie sa vie… question que mes enfants soient témoins d’une réelle liberté de vivre, pour qu’ils puissent eux aussi s’appartenir un jour. J’ai décidé d’habiter mes tripes, mes aspirations, mes vérités, mes convictions et de ne pas laisser mes habitudes ou mes terreurs décider de mon avenir.

On s’était dit que la prochaine étape dans nos vies allait être de devenir propriétaires. Mais je n’étais pas prête encore à décider de l’endroit qui allait à la fois combiner : milieu de vie exceptionnel pour nos enfants; communauté riche en amour humain; un bassin d’enfants assez important pour une vie sociale saine pour nos deux amours; un endroit inspirant pour écrire; accessible en fauteuil roulant… Avec de telles exigences, j’ai donc conclu que nous n’étions peut-être pas encore prêts à nous enraciner quelque part, et qu’il nous fallait écouter l’appel qui résonnait le plus fort : celui du voyage.

En plus, à l’âge qu’ont nos enfants, ils ont encore le goût de passer du temps avec nous! Aussi bien en profiter… parce que ça passe vite y parait!

L’avantage que l’on y trouve, à voyager en tente-roulotte, c’est qu’on gardera toujours le même environnement de maison, les mêmes lits, les mêmes repères dans notre cocon intérieur, primordial pour nos enfants; mais l’aventure sera toujours au rendez-vous, la nécessité de créer des liens aussi. Car vivre comme nous nous apprêtons à le faire nous éloigne de l’individualisme qui me rend tant malade.

Cette manière de vivre nous imposera la rencontre, l’entraide, l’accueil, le partage… Nous partons en nomades et prenons le pari que des gens exceptionnels nous accueilleront sur leur terrain le temps de quelques nuits : comme à la mode de certains quêteux d’autrefois, qui, de village en village entraient dans les maisons des gens les plus généreux pour partager un repas, des anecdotes, des nouvelles d’ailleurs, des moments magiques.

Bien que nous prévoyons entamer notre voyage par l’Est (Gaspésie et Nouveau-Brunswick) l’ensemble de notre itinéraire est encore à définir, alors s’il vous vient des idées, des personnes ou des familles que vous croyez que nous devrions découvrir, nous y sommes ouverts, évidemment!

On n’a jamais eu aussi hâte que juin arrive, que la neige se retire de sur notre nouvelle maison et que nous puissions nous laisser vivre cette aventure.

D’ici là, tout en multipliant le temps passé avec mes enfants, je profite de chaque instant pour finir la rédaction de mon mémoire et signer la fin de tous mes engagements… question de partir sans regret, aussi légère qu’un papillon.

Au bonheur xxxx

5 réactions sur “ On a acheté notre première maison! ”

  1. Martin Paré Réponse

    Ariel, merci pour le partage!
    Superbe plume pour décrire une si importante étape de vie pour toute votre famille!
    Il fait toujours plaisir de voir des gens prendre leur plein pouvoir de créativité et de s’affranchir d’une nouvelle liberté!
    Bravo pour votre choix et Amour dans toutes vos futures aventures!
    Un moment voisins, une éternité dans le Coeur.
    Martin, Marie-Andrée, Véga, Phéenix et coucou de Sirius! xx

    • Arielle De Garie Auteur ArticleRéponse

      Merci pour ce si vibrant message. Vous serez à jamais dans nos coeurs et nous garderons toujours des ondes d’amour pour vous. Bonne route à vous aussi. Merci encore pour les bons moments passés ensemble.
      Les Degamers xxxx

  2. emma Réponse

    Vous allez me manquer mais je suis si heureuse pour vous et en faite je vais peut-être vous voir plus!?!
    Namaste xxxx

    • Arielle De Garie Auteur ArticleRéponse

      Tu vas nous manquer aussi! Mais tu viens nous rejoindre quand tu veux! Tu seras toujours la bienvenue belle amie chérie. xxx

  3. geraldine Réponse

    on va faire des bouts ensemble c’ est sûr, même si c’ est quelques jours lors de votre passage par le Mexique…bises à tous les 4, je vous aime!

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